fondation d'entreprise

Tout accomplissement commence par la décision d’essayer

23è édition des prix de la Fondation ManpowerGroup / HEC Paris

Le 4 octobre prochain, la Fondation ManpowerGroup remettra son prix littéraire.
Un Prix inauguré il y a déjà vingt-trois ans, et co-organisé depuis 2008 avec HEC Paris.
La liste des 5 ouvrages en lice a d'ores et déjà été établie.

Pour cette nouvelle édition, le jury rassemblera :

  • > Geneviève Ferone-Creuzet, Présidente de Casabee et Associée de Prophil.
  • > Philippe Oster Directeur Communication HEC Paris.
  • > Marine de Pailleret, DRH Chanel.
  • > Pascal Morand, Président Exécutif de la Fédération Française de la Haute-Couture et de la mode.
  • > Jacques Perrin Economiste et Senior Advisor Education auprès d’Apax Partners.

Les ouvrages nommés cette année sont :


La guerre des intelligences

Dr Laurent Alexandre JCLATTES, septembre 2017, 339 pages

De nouveaux projets et débats foisonnent : télépathie pour se connecter à Facebook avec les neurosciences face aux risques de neuro manipulations, nécessité d'une neuro éthique, implantation de neurones pour faire des cyborgs (Neuralink, Elon Musk), hybridation de nos cerveaux avant de devenir des animaux domestiqués par l'IA, dans un contexte difficile : l'analphabétisme technologique des gouvernants, la technologie plus forte que la loi, l'oligopole des GAFA et BATX, (bases de données géantes), micro processeurs propriétaires et des synchronisations mortifères entre démocratie et technologie. Comment développer l'intelligence humaine, démocratiser l'intelligence biologique ? Quel système éducatif ? L'intelligence, c'est connaître, trier, relier, interpréter. Le cerveau biologique est devenu le principal champ de bataille de ce monde. Il faut attirer les intelligences. La filiale santé de Google s'évertue à le faire. On assiste à l'industrialisation de la recherche médicale au profit de géants monopolistiques qui ne recrutent que des médailles d'or. Le COBOT, c'est la fusion entre l'homme et le robot. Attention à ne pas être trop pessimiste sur l'emploi ! Il reste un immense besoin de travail ultra qualifié (tuer la mort, conquérir le cosmos, augmenter nos capacités, se consacrer à l'art, au design, à l'architecture, à la cuisine, aux neuro technologies et à la philosophie). Quelles compétences pour l'homme à l'époque du second âge des machines ? Après le dépassement des limites physiques (force et vitesse), le dépassement des limites intellectuelles avec la loi de Moore et les QI élevés, l'adaptabilité, la flexibilité mentale et la capacité à apprendre. Le revenu universel (considéré comme la solution par la plupart des milliardaires de la Silicon Valley) devient un piège endormant le citoyen dépassé par l'IA et se substituant à un état incapable de moderniser le système éducatif. C'est aussi l'alibi des riches pour maintenir les masses dans le calme et l'apathie : les hommes à très haut potentiel et les sous-citoyens abandonnés au revenu universel, tous égaux, esclaves face à la machine. Le revenu universel atrophierait nos cerveaux. Le système de formation est inefficace et inadéquate. La réforme va-t-elle venir des neuro technologies américaines et de l'utilisation croissante du numérique associée à l'IA ? Demain, l'école sera individualisée comme la médecine, ce sera un travail d'une complexité absolue, la fin d'un bricolage empirique. Deux vagues successives pour le tsunami de l'éducation : la première, c'est la remise en cause des métiers auxquels elle prépare, la seconde, l'obsolescence de la technologie de transmission. Puis, viendra le temps de l'intelligence augmentée, de la neuro augmentation et du transhumanisme. Deux voies possibles, l'eugénisme biologique et la neuro augmentation électronique. Une période de transition très difficile à gérer. Quels chemins entre la fascination morbide pour un futur déshumanisé et les nostalgies bio conservatrices ? Que faire du corps, de l'esprit et du hasard ? L'auteur nous rappelle tous les changements en cours dans notre civilisation, avant d'aborder peut-être une société au potentiel illimité.

Laurent Alexandre est chirurgien neuro biologiste, diplômé d'HEC et de l'ENA. Créateur de plusieurs entreprises, il a revendu le site médical Doctissimo en 2008. Il est aujourd'hui à la tête de DNAVision, leader européen en génétique et génomique. Son essai, "La mort de la mort" a provoqué de nombreux débats dans les médias. Il est un spécialiste des révolutions technologiques et de leurs enjeux.

La révolte des premiers de la classe

Jean-Laurent Cassely ARKHE, mars 2017, 182 pages

L'ennui au travail, le manque de sens ou l'inutilité perçue génèrent de plus en plus de réorientation de jeunes ex premiers de la classe qui s'engagent dans de nouveaux projets et de nouveaux métiers porteurs de sens ou de plaisir pour eux et de nouvelles perspectives professionnelles. Beau sujet de plus en plus actuel. Le CAP après la grande école pour devenir artisan ou commerçant. Le bonheur est dans le concret, le faire, le retour à la terre et le village urbain. Exit l'open space, le trading HF, le conseil en stratégie, les causes dérisoires ou les métiers à la con (David Graeber) et bienvenue aux food trucks, aux bars à bière, à la torréfaction, aux contacts avec le produit et les clients, le retour des métiers de la bouche et des fromagers de nouveaux profils. Au-delà de lieux communs, le livre analyse ce phénomène qui aboutit à une réécriture des codes de la réussite sociale, du bien vivre et de l'épanouissement au travail. Des réalités statistiques difficiles à établir, mais des analyses très précises et des références de qualité (Pierre-Yves Gomez, Graeber, Alain Supiot, la spirale du déclassement).

Jean-Laurent Cassely est journaliste à Slate.fr, où il chronique la vie et l'œuvre des classes supérieures urbaines. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages et guides pratiques sur la survie en milieu urbain.

Se transformer ou mourir

Jean-Louis Beffa SEUIL, février 2017, 152 pages

Un manuel de la transformation digitale de l'entreprise leader. La généralisation de la nouvelle économie confère au numérique, une dimension géopolitique et impérialiste qui échappe à la France et à l'Europe au profit des USA et de la Chine. Beaucoup de nos champions nationaux vont se transformer en leaders internationaux. Œuvre exaltante, non terminée, ouverture à de nouvelles cultures, diversité, le nouvel enjeu est leur transformation numérique, internet, Big Data, équipement des clients en Smartphone, haut débit, offres commerciales sur écran, blockchain, robotisation. La France ne doit pas manquer la transformation numérique de ses champions. Le modèle du grand groupe est-il aujourd'hui pérenne ? Comment s'adapter ? Le combat n'est guère plus possible contre les licornes et surtout les méga numériques de type GAFA. Il reste à lutter contre les start up, changer la culture interne et les modes de management, recruter de nouveaux profils, incuber, fusionner, racheter, créer des start up internes, mais surtout, plate-formiser pour rentrer dans une relations approfondie avec le client, connaître le marché, anticiper les attentes des clients et être en contact quotidien avec eux. Parmi les start up (petite taille, technologie et croissance rapide), on distingue les mutantes (par exemple, au travers de révolutions sociologiques, BlaBlaCar et Airbnb ou le canal de distribution, Uber) et les non mutantes. A terme, l'internet des objets et la blockchain pourraient redonner de l'intérêt à l'objet, sa fabrication industrielle et sa capacité propre d'interconnexion au détriment de services qui assurent le rôle d'intermédiation. La plateforme est le meilleur instrument pour rassembler l'information en masse et la monétiser. C'est le nouveau monopole numérique avec un coût marginal décroissant. La plateforme devient infrastructure et permet de renouveler et d'élargir son offre comme Amazon, Apple Store, Google Maps avec gestion de masse, particularisation du service ou du produit, qualité absolue du service. On est dans l'univers du luxe à grande échelle. La licorne est plus compétitive que les entreprises leaders. Elle a une marque, des marges, une capacité à recruter les talents. Netflix ringardise la télévision, iTunes et Spotify, la musique. La transformation, c'est une vision, de l'innovation et de la qualité d'exécution. C'est d'abord une affaire interne. Les plateformes numériques, c'est la relation clients, fournisseurs, partenaires, personnel, une forte autorité centrale et un équilibre décentralisation, contrôle. La plateforme devient un instrument d'écoute, de concertation, d'intégration, d'unité, de formation. En conclusion, la priorité de l'état, c'est de réussir sur ce modèle, la transformation numérique des administrations et établissements publics : le Bon Coin face à Pôle emploi. Il faut décloisonner les administrations, uniformiser leur système d'information, diminuer les coûts des démarches administratives, mais l'Europe et la France ne sont pas des acteurs significatifs. Il faut agir dans ce domaine. Un plan de recherche franco-allemand et de soutien à la création d'entreprises numériques est indispensable.

Jean-Louis Beffa, président d'honneur de la Compagnie Saint-Gobain, une des cent entreprises les plus innovantes au monde opérant dans soixante-sept pays, dont la stratégie est exemplaire (innovation, solutions à forte valeur ajoutée, digitalisation). Il est coprésident du centre Cournot pour la recherche en économie. Il est, notamment, l'auteur de "La France doit choisir" (2012) et de "Les clefs de la puissance" (2015).

La guerre des métaux rares

Guillaume Pitron LES LIENS QUI LIBÈRENT, février 2018, 295 pages

Après six années d'enquête, l'auteur raconte l'histoire des métaux rares indispensables à notre nouvelle société écologique (voitures électriques, panneaux solaires, éoliennes) et numérique (Smartphones, ordinateurs). Les coûts environnementaux économiques et géopolitiques de cette dépendance sont encore plus dramatiques que ceux qui nous lient au pétrole… Et la Chine occupe désormais une position de leader stratégique qui menace tous les autres acteurs de la planète. Fascinant. C'est une contre histoire de la transition énergétique, le récit clandestin d'une odyssée technologique qui a tant promis et les coulisses d'une quête généreuse, ambitieuse, qui a, jusqu'à maintenant, charrié des périls aussi colossaux que ceux qu'elle s'était donnée pour mission de résoudre.

Journaliste pour Le Monde Diplomatique, Géo ou National Geographic (il est notamment lauréat de l'édition 2017 du Prix Erik Izraelewicz de l'enquête économique, créé par Le Monde), Guillaume Pitron signe ici son premier ouvrage. La géopolitique des matières premières est un axe majeur de son travail. Il intervient régulièrement auprès du parlement français et de la Commission européenne sur le sujet des métaux rares.

Micro capitalisme

François-Xavier Oliveau PUF, février 2018, 210 pages

La révolution technologique nous transforme en acteurs micro capitalistes d'un environnement hyper concurrentiel porteur d'opportunités et d'angoisses. Tout se transforme et le système économique et social est devenu inadapté. L'auteur propose un pacte économique et social nouveau. Le capital, source d'émancipation, liberté individuelle, plus solidarité universelle avec un système fiscal simple et lisible. Est-ce possible ? Une préface flatteuse de Gaspard Koenig. C'est le premier livre d'une nouvelle collection qui doit diffuser une pensée libérale rénovée, adaptée aux enjeux actuels. Le chapitre, mutation du travail, est excellent. Transfert des activités salariées vers les particuliers, abondance et baisse des prix et du coût des services, robotisation, suppression des intermédiaires, mais baisse de la croissance, peu d'innovations de rupture, avec optimisation des infrastructures et des équipements. On va consommer moins et moins cher, et mieux vivre. Il faut revoir le système de protection sociale fondé sur la relation de travail au sein des entreprises. Il faut passer de la logique de subordination à une logique contractuelle entre parties supposées égales. Il faut reconstruire un pacte social qui ne sera pas une évolution, mais une révolution. Solidarité, liberté, droit de contracter, liberté d'organisation du travail, d'exercice d'un métier, libre choix des modalités de salaire et de retraite, des prestations sociales et santé.

Ancien dirigeant de startup et de PME, François-Xavier Oliveau accompagne aujourd'hui des dirigeants d'entreprises européennes. Diplômé de Centrale, Sciences Po et Harvard, il contribue aux réflexions de plusieurs think tanks sur les interactions entre technologie, entreprise et système politique